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30 juil. 2015

Éloge du carnet

Quoi de plus noble que la première page d'un carnet ? Blanche, vierge, lisse, elle s'offre à nous tel un espace d'accueil où tout est possible, où chacun peut laisser exprimer sa créativité.
J'aime tout particulièrement le contact avec cette première page, laisser mes doigts sentir le grain du papier, l'épaisseur, écouter le son en la tournant. Une nouvelle aventure va s'écrire ici et elle commence à ce moment précis. C'est exaltant et très intime en même temps.
J'ai un attachement pour le carnet. J'aime cet objet aux formes simples mais dont l'intérieur se magnifie avec le temps. Il est le compagnon d'une période de vie; seulement de passage mais tellement important à ce moment précis. Le carnet invite à la spontanéité, à l'expression immédiate de ce qui nous habite, que ce soit sous forme de mots, de dessins, de symboles, voire même de collages. Toutes les formes d'expression sont les bienvenues.
J'ai toujours un carnet sur moi, dans mon sac ou ma poche. Je peux oublier mon téléphone ou mon porte monnaie mais pas mon carnet. Il voyage avec moi en étant discret et présent à la fois; pour noter un renseignement utile, une bonne adresse, l'apparition de la beauté, ou simplement un vécu intérieur qui mérite d'être matérialisé. Dans les moments d'attente, je le parcours et relis mes annotations. Je me rappelle certains moments et souvent en émerge un faisceau de souvenirs. Le carnet me relie à des personnes, des lieux, des saveurs, des sensations.
Quand arrive la dernière page, un pincement au coeur mêlé à une pointe de joie me traverse. Ainsi s'achève notre voyage commun. Ainsi ce carnet rejoindra bientôt l'étagère où les précédents ont élu domicile. Se dessine petit à petit le moment d'en choisir un nouveau. C'est exaltant et très intime en même temps. Je prends d'abord le temps de soigner ce passage de transition avant d'ouvrir une nouvelle page…

Mes carnets chouchous
Il y a celui qu'on ne présente plus, le fameux Moleskine, en noir ou en couleur. Pour les fleuris, j'aime les carnets crées par Petit Pan (dont je vous ai déjà parlé ici) et Fifi Mandirac. Quand j'ai envie d'un support plus sobre, direction Muji ou Maki. Et pour la touche orientale, je choisis les carnets Anokhi (marque indienne présentée ici) avec leurs belles couvertures en tissu.

A vous de prendre la plume !

27 juil. 2015

Porte donnant sur la voie / Véronique Desjardins

« Si la vie vous propose quelque chose d'intense, si elle fournit des éléments de réponse à votre aspiration la plus profonde, alors, en effet, vous ne pouvez rien faire d'autre que d'aller au devant de ce qui vous est offert. » p.166

L'articulation de ce livre en huit nouvelles me fait penser à un crescendo musical. Au fil des pages se crée un environnement intime et chaleureux, propice à une plongée dans les profondeurs de soi-même. A mesure que je découvre le parcours des différents personnages, je suis invitée à m'interroger sur mes propres fonctionnements. Je ressens une réelle proximité avec ces êtres de papier. Ils viennent en effet me montrer les parts de moi-même que j'ai longtemps souhaité voir disparaître, pensant qu'elles viendraient noircir un portrait en quête de reconnaissance. Car c'est de ça dont il s'agit, le besoin de reconnaissance, le besoin d'être aimée.
En diffusant lumière et douceur sur les remous intimes de ces hommes et ces femmes, une nouvelle compréhension de mon être intérieur se dessine. Ce que je porte en moi d'accomplir devient plus précis. En prenant soin de la fragilité qui m'habite, j'apprends à me connaître, à me donner pour ensuite être capable de donner aux autres.
Les différentes personnalités réunies dans cette unité qu'est le livre illustrent le lien nous reliant tous à un ensemble plus vaste. Je reconnais que pour progresser j'ai besoin des autres, besoin de sentir que leur soutien est présent pour oser prendre la place qui m'est réservée dans ce monde. Il y a en effet une place pour chacun d'entre nous. Tant que l'existence semble flottante, c'est qu'elle n'a pas été trouvée. Patience car elle nous attend à bras ouverts. Un message d'espoir vient ponctuer la fin du recueil. Je me sens vivante, installée dans cet espace où règne la connexion avec le coeur. 
Ce livre est finalement une nourriture pour l'âme où rayonnent sensibilité féminine et expression de l'énergie vitale. Une invitation à sortir du monde des pensées pour retrouver la connexion avec les sentiments et les émotions. Réapprendre à ressentir avec le cœur.

25 juil. 2015

New York I miss you


A song that always reminds me of NY streets and day-to-day life. The pace, the tone of the voice, the diner itself... All very charming. It goes very well with one of Marc Grossman's recipes from his cute book Un goûter à New York…


23 juil. 2015

L'invitation au voyage


Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
— Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

                                        Charles Baudelaire

22 juil. 2015

Back to the 70s


Partir le temps d'un grand weekend à la rencontre de la nature, des paysages, des sources d'eau. Redécouvrir sa famille, son mode de vie, ses habitudes. Se redécouvrir soi-même. Le tout bercé par le ronronnement du moteur de Jimi, un combi Volkswagen de 1979…

Les combis sont à nouveau sur le devant de la scène. Effet de mode ? Peut-être. En tout cas c'est mérité ! Leur bouille sympathique et leur aménagement calculé à la perfection par Westafalia offrent de belles possibilités de dépaysement. Ils sont le compagnon idéal du voyage improvisé, une invitation à prendre le temps, à s'arrêter là où bon nous semble, à siroter délicatement une infusion sur la banquette arrière pendant que son bien aimé choisit le parcours au volant du mythique véhicule. Une fois à bord, il règne une atmosphère joyeuse, paisible. Les gens croisés nous sourient. Le ballotement du corps accompagne le tracé de la route. Tout semble différent. 
A mesure que le paysage se dessine, on goûte les beautés autour de soi, on repère ci et là quelques coins pittoresques. Plus tard ce sera le moment d'improviser un pique-nique composé des produits frais glanés sur le marché. Le modeste coin cuisine de Jimi sera alors notre précieux allié. Assis sur une fouta chacun pourra savourer ce qui lui plaît et même s'abandonner au plaisir de la sieste. 
Puis à nouveau rouler, rouler au gré de ses envies, rouler pour le plaisir de rouler, d'embrasser les sensations d'une époque révolue mais toujours présente à travers des symboles comme le combi VW. On a l'impression de vivre en décalé, de s'extraire de son environnement habituel, de toucher quelque chose de nouveau et pourtant déjà ancien. Est-ce ça le côté mythique ?
Quand vient le soir il suffit d'observer les alentours, éventuellement pointer le doigt sur la carte et choisir le lieu qui nous accueillera pour la nuit. Face à une rivière, au bord d'un champ de blé fraîchement coupé, sur la place d'un village… Peu importe. Une fois les rideaux tirés, on se retrouve dans un cocon d'intimité et de douceur. Le temps semble à nouveau suspendu. On peut déployer la tente puis écouter les bruits voisins à travers la toile. Clin d'oeil aux étoiles. Elle veillent sur nous… On reprendra la route le lendemain gagné par cette ambiance 70s vraiment charmante !

Si vous aussi, vous avez envie de connaître Jimi, vous pouvez contacter Seventies Combi. Location dans la Drôme. Pour les habitants ou vacanciers d'une autre région, il y a tout plein d'infos sur le site de Sébastien, Be Combi.

21 juil. 2015

Brassens & la Beauté

Montage réalisé par Dimitri Banzet pour - fraîchement cueilli

20 juil. 2015

Espace Georges Brassens à Sète

J'ai envie de vous parler d'un lieu plein de sensibilité et de poésie, un lieu rendant hommage à un homme dont la richesse de langage et l'aptitude à manier les mots en ont déjà laissé certains cois. Ce lieu, c'est l'espace Georges Brassens à Sète; un endroit hybride entre le musée et la mise en scène musicale.

De passage dans la ville de naissance du chanteur, j'ai souhaité visiter l'espace portant son nom. Après avoir admiré l'étang de Thau, il me semblât naturel de faire une pause auprès de Brassens. Abrité dans un bâtiment à l'architecture moderne, l'espace Georges Brassens conjugue simplicité d'agencement et qualité d'accueil. L'accessoire clé de la visite est un casque stéréophonique qui va diffuser, selon la progression de chacun dans les différentes salles, la voix de Brassens. Celle-ci sera notre guide tout au long du parcours. Le résultat est merveilleux, on a l'impression que Brassens nous parle personnellement !

Dès le début, j'ai été saisie par la qualité de sa présence à travers sa voix. On peut s'abandonner et se laisser porter par ses anecdotes et narrations. Entre les différentes salles, une chanson permet de faire la transition et de se préparer à découvrir la suite. Photos, images, films et textes agrémentent les récits du compositeur. On découvre sa famille, ses sources d'inspiration, le rôle qu'ont joué certaines femmes à ses côtés. L'humour et la sincérité ponctuent religieusement son discours.
Plus j'avançais dans la découverte de son univers, plus je sentais une grande joie s'installer en moi. Quelques regards échangés avec d'autres visiteurs laissaient à penser que cette émotion les parcourait aussi.
La dernière salle, en mettant simultanément en scène chanson, film et texte défilant, donne le ton de la fin tel un au revoir du chanteur. Je suis sortie le coeur enjoué et le sourire aux lèvres avec la sensation d'avoir effectué une visite au timing parfait ! Une heure riche et pleine à découvrir l'humanité d'un homme, d'un grand homme.


Espace Georges Brassens, 67 Bd Camille Blanc 34200 Sète - Tel: 04 99 04 76 26